21. Conclusion
RIVE est une réforme lourde. Il serait malhonnête de la présenter comme simple.
Le projet demande des bâtiments, des personnels, des règles, des financements, des conventions, des cuisines, des trajets, des protocoles de protection, une gouvernance des données et une évaluation indépendante. Il demande aussi une discipline intellectuelle : ne pas promettre que tout sera moins cher, plus simple, et immédiatement meilleur.
L’ambition reste justifiée par une faiblesse réelle du système actuel. L’éducation de l’enfant y est trop fragmentée. Les familles compensent ce que les institutions ne coordonnent pas. Les mieux armées transforment cette fragmentation en opportunités. Les autres la subissent.
RIVE ne cherche pas à tout faire à la place des familles. Il cherche à faire ce qu’un service public éducatif du XXIe siècle devrait savoir faire : garantir à chaque enfant un accès cohérent aux savoirs, au corps, à la culture, au repos, à la parole, à la matière, aux autres, à la nature, aux projets et à l’autonomie.
Le projet doit maintenant être instruit froidement : territoire réel, bâtiments réels, coût réel, ressources humaines réelles, partenaires réels, risques réels. C’est à cette seule condition que RIVE peut passer de l’idée forte au système testable.
Les chapitres 22 à 27 qui suivent complètent le corps doctrinal sur le terrain de l’instruction politique : portage juridique, articulation avec l’Éducation nationale, ratios budgétaires, cohérence doctrinale, droit aux pauses éducatives, et plan de transition entre la situation actuelle et le déploiement de RIVE. Ils n’introduisent aucune doctrine nouvelle ; ils instruisent les questions restées ouvertes dans le corps principal.